Le marketing de la rareté
Pour des biens qui sont rares certains consommateurs sont prĂȘts Ă payer plus cher. Mais avec l’industrialisation et la mondialisation, peu de raretĂ© existe encore… Dans cet article nous allons voir comment les marques crĂ©ent l’illusion de la raretĂ© ?
La rareté
La raretĂ© est gĂ©nĂ©ralement due Ă une offre infĂ©rieure à la demande, ce qui augmente les prix. Les consommateurs sont prĂȘts Ă payer plus, pour des items perçus comme Ă©tant rares et de valeur. La soie, Ă titre d’exemple, a Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme un bien prĂ©cieux pendant trĂšs longtemps, les tĂ©lĂ©phones et les rĂ©frigĂ©rateurs Ă©taient chers et rares quand ils sont apparus sur le marchĂ©. Le vin et les alcools qui sont produits en quantitĂ© limitĂ©e ont des prix Ă©levĂ©s … A titre dâexemple, Dalmore produit seulement 3 bouteilles de leur Scotch Trinity de 64 ans d’Ăąge, vendu Ă l’unitĂ© 160 000 euros.

Mais avec l’industrialision et la mondialisation, peu de raretĂ© existe encore. Les diamants Ă©taient rares car lâexploitation miniĂšre Ă©tait difficile. Aujourdâhui lâoffre excĂšde la demande. Le surplus est alors retirĂ© du marché pour crĂ©er l’illusion de la raretĂ©. Le directeur de Debeers Nicky Oppenheimer a dĂ©clarĂ© :
â Les diamants sont intrinsĂšquement sans valeur, mis Ă part le profond besoin psychologique quâils remplissentâ
L’illusion de la raretĂ©
Depuis 1985, les sacs HermĂšs Birkin sont les plus convoitĂ© du monde, coĂ»tant chacun entre 7500 $ et 150 000 $. La liste dâattente pour la customisation du sac est longue « comme 6 ans ». Un calendrier imprĂ©visible et des quantitĂ©s limitĂ©es crĂ©ent une illusion de raretĂ© et dâexclusivitĂ©.
Porter un Birkin, est un statut symbole qui reprĂ©sente le succĂšs, la rĂ©ussite sociale, lâaccomplissement. En 2009, le shopper professionnel Michael Tonello a sorti un livre nommĂ© « Bringing Home the Birkin » dans lequel il explique toute la stratĂ©gie marketing de raretĂ© menĂ©e par HermĂšs. La liste dâattente nâest quâune tromperie, Ă©tant donnĂ© que les magasins ont toujours des sacs sous la main et sont prĂȘts Ă les vendre aux acheteurs les plus prestigieux. MĂȘme pas un an aprĂšs la sortie du livre de Tonello, HermĂšs a supprimĂ© sa liste dâattente et a remis les sacs HermĂšs Birkin en rayon.
Les marketeurs de marques de luxe doivent trouver un Ă©quilibre entre volume et raretĂ©. CrĂ©er lâillusion de la raretĂ© augmente la dĂ©sirabilitĂ© et lâexclusivitĂ© dâune marque. Les biens de luxe sont considĂ©rĂ©s comme Ă©tant dĂ©sirĂ©s de tous mais consommĂ©s seulement par peu dâĂ©lus.
La raretĂ© peut ĂȘtre créée par des Ă©ditions limitĂ©es, des ventes exclusives dans les boutiques, ou bien une distribution et une production maĂźtrisĂ©es. Les listes dâattentes et les prĂ©commandes permettent de crĂ©er une relation privĂ©e et unique avec le consommateur.
Louis Vuitton et Chanel sont tous deux connus pour dĂ©truire les surplus Ă la fin de chaque saison, plutĂŽt que de les vendre Ă prix cassĂ©s. Le groupe Ferarri a annoncĂ© l’annĂ©e derniĂšre quâil allait rĂ©duire la production afin de maintenir lâexclusivitĂ© de la marque et augmenter ainsi la valeur Ă la revente de leurs voitures.
Cependant, crĂ©er lâillusion de la raretĂ© peut ĂȘtre Ă double tranchant pour les marques de luxe. En effet, les marques exclusives font des marges trĂšs Ă©levĂ©es avec un volume de ventes faible. Et les coĂ»ts sont plus Ă©levĂ©s associĂ©s Ă une production courte. Les marques de luxe doivent bien maĂźtriser leur marketing stratĂ©gique mais aussi leur production.
Lâillusion du secret entoure les marques les plus exclusives. La rĂ©vĂ©lation du volume de ventes est rare, Ă©tant donnĂ© que la divulgation dâun gros volume de production dĂ©truirait la perception de lâexclusivitĂ©.
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