2019
25/Oct

Les produits carnés (la viande) ont-ils besoin du marketing pour créer de la valeur ajoutée ?

Impulser une intention d’achat pour les produits carnĂ©s n’est plus une chose aisĂ©e aujourd’hui. En effet, leur image a Ă©tĂ© dĂ©tĂ©riorĂ©e par diffĂ©rents scandales successifs mettant Ă  jour une rĂ©elle dĂ©fiance sur la qualitĂ© des produits industriels qui s’alignent dans les rayons de nos supermarchĂ©s.

La satisfactions des attentes et des besoins des consommateurs de produits carnĂ©s s’appuie pourtant sur la marque, les labels, l’image vĂ©hiculĂ©e et l’usage de l’acheteur.

Autant de rĂ©assorts Ă©motionnels et marketing sur lesquels les sociĂ©tĂ©s distributrices de produits carnĂ©s devraient et doivent s’appuyer pour retrouver leur clients dans les rayons.

Au-delĂ  de la transparence, du savoir faire, de la traçabilitĂ© et de l’authenticitĂ©, actionner des leviers marketing et commerciaux est dĂ©sormais primordial pour redonner de la confiance pour les filiĂšres viandes.

Le consommateur  veut que ses produits carnĂ©s soit d’un qualitĂ© irrĂ©prochable.

De l’élevage Ă  la transformation des produits, les consommateurs expriment des attentes fortes en termes de qualitĂ© sur les produits carnĂ©s. C’est pourquoi il est primordial d’éduquer le consommateur sur la perception et la comprĂ©hension de la dĂ©marche qualitĂ© afin qu’il puisse lui mĂȘme authentifier un bon produit.

Les appellations font rĂ©fĂ©rence et sont aujourd’hui perçues comme signe de qualitĂ©, de terroir d’origine et de savoir faire du producteur. De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, le consommateur français est prĂȘt Ă  payer un peu plus cher les produits carnĂ©s estampillĂ©s d’un label, Ă  condition qu’ils soient sĂ»rs et sains :

  • Pas de contamination microbiologique
  • Pas de traces de fruits
  • Pas de traces de lĂ©gumes
  • Pas de pesticides

Les signes d’authentification de la qualitĂ© comme :

  • Fermier
  • Montagne
  • Produits pays

apparaissent trop nombreux et perturbent le consommateur dans sa compréhension des produits carnés de bonne qualité.

Les crises sanitaires ont clairement perturbé les consommateurs de produits carnés.

De toute Ă©vidence, depuis les annĂ©es 90, les crises sanitaires ont complĂštement floutĂ© l’image des produits carnĂ©s. On dĂ©nombre entre autres : les bovins avec le crise de la vache folle, pour le secteur avicole, les poulets Ă  la dioxine, la grippe aviaire. La confiance est ainsi depuis en berne. (Gurviez, 2000).

Viennent s’ajouter Ă  cela les fraudes Ă  grande Ă©chelle Ă  la directive europĂ©enne 93/43 CE  – relative Ă  l’hygiĂšne des denrĂ©es alimentaires prĂ©conisant la mĂ©thode HACCP (Analyse des dangers et points critiques) pour leur maitrise comme la viande de cheval en 2013 – qui enfoncent le clou.

Force est de constater que le contrÎle de la qualité sanitaire, microbiologique et matiÚres premiÚres sont la préoccupation des pouvoirs publics et des acteurs de la filiÚre agroalimentaire.

Un petit récapitulatif des incidents sanitaires dans le secteur des produits carnés :

  • 1986 Vache folle – DĂ©but de l’encĂ©phalopathie spongiforme bovine (ESB) : 41 morts en douze ans. 176 000 bovins morts de l’ESB
  • 1992 Charcuterie Ă  la listeria – Contamination de charcuterie par la bactĂ©rie listeria monocytogenes : 63 morts.
  • 1995 Veau aux hormones – Des Ă©leveurs belges injectent aux veaux Ă©levĂ©s en batterie des hormones interdites, fabriquĂ©es dans des laboratoires clandestins : On ne connait pas leurs effets Ă  long terme.
  • 1996 Viande porteuse d’Escherichia coli – Par manque d’hygiĂšne, la bactĂ©rie empoisonne la viande Ă©cossaise : 20 morts.
  • 1996 Vache folle Une Ă©pizootie a touchĂ© le Royaume-Uni et dans une moindre mesure quelques autres pays. Fermeture des usines.
  • 1998 Lait Ă  la dioxine – Des fumĂ©es chargĂ©es de dioxine en provenance de 3 usines d’incinĂ©ration dans le Nord et le Pas de Calais contaminent le lait des troupeaux environnants. Fermeture des usines.
  • 2003 ÉpidĂ©mie de grippe aviaire en Asie – Elle a commencĂ© en Asie et s’est rĂ©pandue au Moyen-Orient, en Europe et en Afrique : 240 morts. Au plus fort de la crise, entre 2005 et 2006, quatorze pays de l’Union EuropĂ©enne sont touchĂ©s. Des millions de bĂȘtes ont Ă©tĂ© abattues.
  • 2013 Viande de cheval dans les lasagnes – Acheminement d’une viande de cheval de Roumanie via des traders hollandais
 Horse gate. Usine Spanghero Ă©branlĂ©e
230 emplois menacĂ©s.

(Sources : Gouin, Cordier, 2000, et Le Monde, 15/04/13)

La qualitĂ© comme mot d’ordre

Les consommateurs europĂ©ens vous l’aurez compris attachent une importance primordiale et en constante croissance depuis des annĂ©es Ă  une qualitĂ© attestĂ©e des produits carnĂ©s :

  • AOC pour la France
  • AOP pour l’Europe
  • IGP pour l’Europe
  • Label Rouge pour la France

Sont des sigles qui parlent aux consommateurs.

Les produits carnés : le premier poste de dépense alimentaire

21% du budget alimentaire est consacrĂ© Ă  l’achat de produits carnĂ©s soit un consommation de 34,5 milliards sur un montant de total de 163 milliards d’euros. Chaque annĂ©e c’est 90 kilogrammes de carcasses de viande qui sont digĂ©rĂ©es par habitant contre plus de 100 kg il y vingt ans.

Le dilemme du consommateur.

RĂ©ductions voir abandons de certains produits carnĂ©s sont imputables Ă  l’origine de la viande, le prix, le mode prĂ©paration, la labellisation, la traçabilitĂ©. Le consommateur est de plus en plus avisĂ© en matiĂšre d’étiquettage et le prix seul ne suffit pas toujours Ă  le convaincre de passer Ă  l’achat.

Le goĂ»t, la texture des produits, mais aussi des paramĂštres intrinsĂšques comme l’origine de la viande, son mode d’élevage entrent dĂ©sormais en compte dans l’acte d’achat.

  • Label Rouge : produit qui, par ses conditions de production ou de fabrication, a un niveau de qualitĂ© supĂ©rieure.
  • Agriculture Biologique (AB) : produit dont le mode de production est respectueux de l’environnement et du bien-ĂȘtre animal.
  • SpĂ©cialitĂ© Traditionnelle Garantie (STG) :  produit dont la fabrication suit toutes les Ă©tapes d’une recette traditionnelle
  • Indication GĂ©ographique ProtĂ©gĂ©e (IGP) : produit dont les caractĂ©ristiques sont liĂ©es au lieu gĂ©ographique dans lequel se dĂ©roule au moins sa production ou sa transformation selon des conditions bien dĂ©terminĂ©es.
  • Appellation d’Origine ContrĂŽlĂ©e (AOC) /Appellation d’Origine ProtĂ©gĂ©e (AOP) : produit dont toutes les Ă©tapes de fabrication sont rĂ©alisĂ©es selon un savoir-faire reconnu dans un terroir donnĂ©.

Source : Bechoux et al., 2014

Alors peut-on encore créer ou développer un marque de viande ?

Les insights

Les attentes tangibles, concrĂštes et perceptibles des consommateurs reposent sur plus de clartĂ© quand Ă  la provenance et au cahier des charges alimentaires et sanitaires. En somme, ce que mange l’animal prĂ©occupe le consommateur qui se demande lui mĂȘme quels sont les produits susceptibles d’atteindre sa santĂ©. Informer, rassurer sur l’origine de l’animal, son mode de consommation et sa transformation seront les choses Ă  faire demain pour toutes les marques souhaitant un succĂšs commercial. Il convient de simplifier le discours, d’ĂȘtre dans une transparence totale avec les consommateurs pour que les leviers marketing fassent leur travail de fond.

Le rĂŽle du marketing dans l’image de qualitĂ© des produits carnĂ©s.

Le marketing a trop souvent Ă©tĂ© dĂ©laissĂ© par les industriels ayant souvent recours Ă  la publicitĂ© classique, le spot TV pour se dĂ©marquer sur le marchĂ© agroalimentaire. Seconde roue du carrosse, la marketing se dĂ©marque pourtant pour adresser un marchĂ© cible, y attirer les prospects que la publicitĂ© n’a pas pu toucher, les conserver et dĂ©velopper une clientĂšle en crĂ©ant et dĂ©livrant des messages de façon rĂ©currente (Kotler et al.,).

Son rĂŽle est d’apporter de la valeur ajoutĂ©e aux produits par une politique d’accĂšs exclusivement sur la marque, sur son image de marque, les services clients qui se doivent de rĂ©pondre aux attentes des consommateurs.

Mais le passage à l’acte d’achat fait aussi jouer tous nos sens

– 52 % des dĂ©cisions d’achat s’effectue en linĂ©aires.

L’acheteur linĂ©aire, autrement dit dans le jargon le « Shopper » dĂ©cide bien d’acheter une marque, ce qui dĂ©montre qu’il est important d’avoir une image de marque.

  • Mais sur 100% des marques en linĂ©aires, seulement 23% des clients perçoivent la marque.
  • Et 16 % effectuent une prise en main.
  • Sur 11000 rĂ©fĂ©rences, seules 500 sont achetĂ©es, ce qui Ă©norme si on prend en compte les marque distributeurs et les marques low cost.
  • En revanche le taux de mĂ©morisation de marque reste encore faible, il n’est que de 50.

Pourquoi des taux aussi faibles.

Si la faiblesse des investissements en marketing et publicitĂ© peut ĂȘtre l’une des raisons non nĂ©gligeables, l’acheteur est aussi un ĂȘtre pressĂ© qui ne consacre que 25 minutes en moyenne dans un supermarchĂ© et 58 minutes dans un hypermarchĂ© Ă  ses courses. Un tiers des achats sont basiques, les deux autres tiers sont des achats d’impulsion, de plaisir et des achats rĂ©flĂ©chis.

Les chiffres sont encore plus surprenants :

  • 59 secondes consacrĂ©es en moyenne Ă  l’achat d’un produit sucrĂ©;
  • 56 secondes pour un produit salĂ©;
  • 49 secondes pour un liquide;
  • 10 secondes pour l’achat d’un litre de lait;
  • 15 secondes pour un pain de mie;
  • 30 secondes pour une tablette de chocolat;
  • 59 secondes pour un foie gras;
  • …mais une minute et trente secondes pour un produit carnĂ©.

(Wellhoff, 2013).

Conclusion : les produits carnés ont-ils besoin du marketing ?

C’est Ă©vident ! Les consommateurs consacrent presque 2 Ă  3 fois plus de temps pour l’achat de produits carnĂ©s. Ce qui prouve qu’ils scrutent les informations nĂ©cessaires pour enclencher l’acte d’achat ou reposer le produit. Il est donc nĂ©cessaire que les industriels intĂšgrent de plus plus une dĂ©marche marketing et s’appuient sur les diffĂ©rents leviers pour instruire, Ă©duquer, rassurer sur la provenance, l’alimentation et la transformation des produits carnĂ©s. Le rĂ©sultat sera Ă  moyen et long termes, une mĂ©morisation tangible de la marque, une croissance rassurante sur les ventes, une nouvelle pĂ©rennitĂ© du secteur et un nouvel afflux d’une clientĂšle qui s’est tournĂ©e vers des alternatives vegan, bio, etc.

Pour aller plus loin, nous vous invitons Ă  tĂ©lĂ©charger notre livre blanc: “Brand Content et Content Marketing”et Ă  contacter notre agence de brand marketing.

Laurent Coperet

Posté par

J’ai commencĂ© ma carriĂšre de directeur artistique dans de grandes agences de publicitĂ©, telles que M

Laurent Coperet

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